Le 17 octobre 1993, la municipalité de Plouguerneau apposait une plaque
sur la maison natale d'Yves Floc'h, au Karpont.

A cette occasion, Gourc'han Kervella, Directeur de la troupe théatrale Ar Vro Bagan,
alors Maire-Adjoint de Plouguerneau, avait prononcé une allocution en breton.
Nous donnons ci-dessous la traduction.

 

 

 

   

La paroisse de Plouguerneau a voulu rendre hommage
à l’un de ses enfants : YVES FLOC’H.

Rendre honneur à l’artiste, qui a peint de beaux tableaux de son pays ; au professeur qui a donné un bon enseignement à tous ces jeunes qui ont été en classe avec lui. Faire une fête à la personne et à son pays ici au Karpont, où il est né en l’an 1906, dans cette petite maison où il a été élevé.

Ici, entre les maisons et les prairies, il a appris l’amour pour son peuple, les Bretons, et l’amour pour son pays, la Bretagne.

Une croisée de chemins est le Karpont.
Regardez autour de vous, que de chemins ! La voie Charretière qui va jusqu’à la chapelle Saint Paul Aurélien et le pont du Diable. Le chemin qui va au bourg de Plouguerneau, à l’église, à l’école, au presbytère, au patronage Paotred Mikael an Nobletz ; la grande route conduisant aux grands collèges de Lesneven, Rennes. Paris et plus loin, en Allemagne et plus tard à la ville de Dinan.

Il ne faut pas oublier la rivière venant de la terre qui va se jeter dans l’Aber-Wrac’h et dans la mer… Ces chemins-là conduisent vers des pays lointains et nous ramènent toujours au Karpont.

ll a eu un guide sans pareil sur ces chemins-là, chemins de sa vie :
Yann-Vari Perrot, mort voilà cinquante ans.

De lui, il a appris deux mots, deux croyances : Feiz ha Breiz, Foi et Bretagne. Ces deux mots-là, il les a conservés avec force durant sa vie. Travailler pour son pays, sa Bretagne, et pour sa langue maternelle le Breton.

Par la plaque apposée sur la maison où il est né, nous nous souviendrons qui était Yves Floc’h, un breton de la tête aux pieds. Que sa vie et ses oeuvres soient un bon exemple pour ceux qui viendront après nous.
Pour que reste vivant l’esprit de notre pays.

Goulc'han Kervella
Plouguerneau, le 17 octobre 1993