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l'abbé Perrot par Yves Floc'h (huile)

L'abbé Yann-Vari Perrot est nommé vicaire à Plouguerneau en 1920. En 1922, Yves Floc'h devient garçon de presbytère à la cure. C'est là une rencontre déterminante dans la vie du peintre. L'abbé Perrot crée le patronage Michel Le Noblez et organise des représentations théâtrales. Aussi, à cette occasion Yves Floc'h peint les décors d'une pièce et ses dons sont alors remarqués par le vicaire. En 1926, l'abbé Perrot lui offre des leçons avec Monsieur Jacques Jullien, professeur au collège de Lesneven. Grâce à la générosité de ce prêtre, Yves Floc'h aura la carrière qu'on connaît (voir Biographie Floc'h). Mais ce fut bien plus que cela : ils restèrent très liés jusqu'à la mort de l'abbé. Pour Yves Floc'h, son bienfaiteur ne fut pas seulement le repreneur de la revue Feiz ha Breiz et l'organisateur des Bleun-Brug auxquels il participa, mais également son confesseur, et surtout le prêtre qui le maria en 1938. Ils entretinrent une correspondance régulière jusqu'en 1943.

Biographie

L’ABBE JEAN-MARIE PERROT
(1877-1943)
LE JEUNE PRETRE – FOI ET BRETAGNE

AN AOTROU YANN-VARI PERROT
(1877-1943)
AR BELEG YAOUANK - FEIZ HA BREIZ
Né à Kéramazé-Plouarzel en 1877. Parents agriculteurs. A 11 ans, études secondaires à Guingamp où il manifeste déjà son attachement à la langue bretonne. Séminariste à Pont-Croix, puis à Quimper où il anime des cours de breton. Ordonné prêtre en 1903 le jour de la Sainte Anne.
1904 - 1914 – Vicaire à Saint-Vougay où il illustre brillamment son idéal.
Foi et Bretagne guideront toute son œuvre et son existence. « Ce serait crime de vouloir dissocier ces deux mots ! » Il crée une troupe de théâtre, fonde le Bleun-Brug en 1905, association culturelle et chrétienne ; écrit une magnifique Vie des Saints, best-seller des foyers bretons et devient en 1911 directeur de la revue Feiz ha Breiz qu’il animera jusqu’à sa mort.
Ganet e voe 1877 e Keramaze-Plourzel en eun tiegez a gouerien eus Bro-Leon. E Gwengamp eo skoliet d’e11 vloaz. Eno e tiskouez dija e garentez evit ar brezoneg. E Kloerdi Pont-e-Kroaz ha Kemper e labour a-zevri evit Breiz hag ar brezoneg e-ser deski e vicher-beleg. E 1903 eo beleget, deiz Gouel Santez Anna.
Etre 1904 ha 1914 ema kure e Sant-Nouga. Dibabet eo hent gantafi hag e talc’ho gantafi betek ar maro : labourat hep ehana evit gwiriou Breiz hag ar Feiz Kristen. Evita n’heller ket distaga an daou c’her-se an eil diouz e-gile. Sevel a ra ar strollad c’hoarierien Paotred Sant-Nouga, rak ret eo « Kelenn diwar c’hoari »; sevel a ra ar Bleun-Brug (1905) evit rei lorc’h d’ar Vretoned eus o sevenadur ha deski dezo petra eo Istor o bro ; skriva a ra eur Buhez ar Sent nevez; e 1911 e teu da veza rener gant ar gazetenn vrezonek Feiz ha Breiz, a rod a lenn da vrezonegerien Leon ha Kerne, pennadou eus istor ar Vro, kontadennou, kanaouennou, divinadennou. Dija en deus Perrot kalz a bouez war gouerien ar vro.
LA GRANDE GUERRE
AR BREZEL BRAS
Le retrouve sur le front où il assiste impuissant au massacre de 250 000 bretons. Il y rédige son testament affirmant sa volonté de voir son pays à nouveau maître chez lui. Il est décoré de la Croix de Guerre pour actes de bravoure.
Azalek 1914 betek 1918 ema war linenn an tan oc’h ober war-dro ar soudarded gloazet. Ar Groaz a Vrezel a zegas gantafi d’ar gêr. Skriva a ra e destamant e kreiz an emgannou : “Va brasa ioul araok mont diwar an douar-mafi oa gwelout va bro reizet a-nevez evel gwechall gant ar Vretoned hepken. Pep den mestr en e di, pep pobl mestr en he bro”. Chom a raio feal d’ar skrid-se.
DE 1920 A 1930, IL EST VICAIRE A PLOUGUERNEAU
KURE E PLOUGERNE
Où il trouve un terrain favorable à son sacerdoce et à son activité bretonne : théâtre, cercle d’études, patronage, Bleun-Brug, Feiz ha Breiz ……Il défend avec fougue son idéal, n’hésitant pas à traiter d’agent d’expansion française, religieuse, enseignants et prêtres qui interdisent le breton à l’école. Monseigneur Duparc, évêque de Quimper lui reproche ses idées séparatistes. Perrot s’en défend farouchement. Le Bleun-Brug influencé par Breiz Atao et les revendications des minorités européennes risque de basculer dans le combat politique. Sous la menace de la dissolution du mouvement par l’évêque, Perrot doit rebrousser chemin et se cantonner désormais au domaine culturel et religieux. Il gardera néanmoins de la sympathie pour certains nationalistes, prêtant le flanc aux estocades de l’évêque.
Etre 1920 ha 1930 ema kure e Plougerne. Labourat evit feiz, labourat evit ar brezoneg. «De tous nos temps notre programme a été double comme les tables de la Loi : nos revendications religieuses sont la première, mais nos revendications bretonnes sont la seconde, car nous avons pensé que la Patrie Céleste ne devait pas non plus nous faire oublier complètement la Patrie Terrestre». Diwar levezon an aoutrou Madeg, ar strollad Breiz Atao hag emsaviou ar Broiou bihan, evel Flandrez, Korsika, Elzaz, ar Bleun-Brug a ya war hent ar Politikerez : sikour da rei da Vreiz he emrennerez. Mont a ra an aotrou Duparc e belbi hag ra d’an aoutrou Perrot dont war e giz. « Vous n’obtiendrez la séparation pour la Bretagne que dans le sang et la ruine. Si vous vous laisser dominer par les exaltés vous amènerez la dissolution du Bleun-Brug » Kaer en deus Perrot rei da gompren d’an eskob e fell deza rei muioc’h a frankiz da Vreiz hep klask he distaga diouz Broc’hall e rank plega. Ac’han da fin e vuhez e vo dalc’het berr ouz ar stag bewech ma klasko mont e breskenn.
RECTEUR A SCRIGNAC DE 1930 A 1943
PERSON E SKRIGNAK

 

Il a quitté le pré pour la lande. Sanction disciplinaire ? Il y restera 13 ans, record jamais battu dans ce secteur de la Montagne Rouge. « Je ne lèverai pas le petit doigt pour qu’on me change de place ».
Il s’acharne à gagner les âmes à Dieu.
« Ils ne viennent pas à l’Eglise ? Allons à eux, jouons la Passion à l’extérieur ! » Le public suit. Il réhabilite les vieilles chapelles et reconstruit Koat-Keo. Il remet le pardon en vigueur. Biniou et bombarde précèdent la procession, les vêpres sont suivies de danses. « Scandale ! » à l’évêché. « Oeuvre salutaire ! » réplique l’abbé Perrot. La musique leur a fait quitter leurs travaux et les danses les ont gardés jusqu’à 7 heures. Labour sul, labour nul !
L’évêque interdit la mixité dans les troupes de théâtre. « Je ne veux pas favoriser la pédérastie, Monseigneur » répond Perrot. Il poursuit son action bretonne, voyage au Pays de Galles, donne un lustre inégalé au Bleun-Brug qui chante les grandes heures de l’Histoire de Bretagne. Prenant position pour les nationalistes, il reçoit quelques coups de crosse de l’évêché. Tolérant dans bien des domaines il n’admet pas la laïcisation du mouvement breton. Foi et Bretagne doivent marcher main dans la main ! La guerre le voit participer au Comité Consultatif de Bretagne qui obtient quelques résultats dans le domaine culturel. Il est assassiné le 13 décembre 1943 en revenant de dire la messe à Toull-ar-Groaz le jour de la Saint Corentin. Il avait reçu des menaces et s’était préparé à la mort, sans dette et sans péché. « Vous verrez, un jour on me trouvera mort en revenant de l’une ou l’autre de mes chapelles ... » aimait il à répéter.

 

Etre 1930 a 1943 ema person e Skrignak. Kuiatet en deus ar melchon ruz da zont war ar brug. N’eo ket sot tud Skrignak gant ar relijion. E-pad 13 vloaz e klasko Perrot o sacha etrezek ar Feiz. Goude ma ne vije ket kalz a dud devot war e dro en iliz eo doujet ha karet gant an dud rak eun den eeun ha karantezus eo. Kempenn a ra chapel Toull ar Groaz, sevel a-nevez hini Koat-Keo, rei buhez d’ar pardoniou, lakaat c’hoari Passion Jezus Krist …Hep ehan e labour evit Breiz : skriva e brezoneg, embann Feiz ha Breiz, kas ar Bleun-Brug en dro. E Breiz a-bez ha zoken er broiou all eo brudet rak ennan e kan spered ar vro. Mat eo gant an holl re a labour evit Breiz, goude ma n eve ket atao a-du gant o menoziou. Krak ha berr a lavar ar pez a sonj : fall eo lezennou ar re public o deus distrujet Breiz, brezoneg hag ar Feiz; fall eo ar Bolchevism hag ar relijion paian nevez rak danjerus evit ar Feiz Kristen …
D’an 13 a viz kerzu 1943 eo lazet a dennou revolver en ur zont en dro eus lavaret an oferenn e chapel Toull-ar-Groaz, deiz Gouel Sant Kaourintin. Tamall a raed outan beza “beleg Breiz Atao”, ober re vrao d’an Alamaned a oa deut da loja en e brespital hag a-enep-krenn ar gomunisted … Roet e voe war-lerc’h e varo e ano d’ar strollad bretoned yaouank kaset en dro gant Celestin Laine, hag haze as, gant dilhad an Alamaned, d’en em ganna ouz ar Batrioted. Perrot, ret eo hel lavaret, n’oa ket a-du tam ebet gant doareou Laine en deus evelse louzet an oar beleg.

 

 

Carte postale photo éditée après sa mort

Le château de Kerjean, le berceau du Bleun-Brug.
Chapelle de Notre-Dame de Coatquéau reconstruite par le père du Bleun-Brug.
La jeunesse de Bretagne !
ma plus belle couronne.
Sa tombe à Coatquéau
"Quand vous louerez Marie en sa cour mes os exulteront dans ma tombe!"
 

"Au revoir et la Bénédiction de Dieu à vous tous".

Monsieur Jean-Marie Perrot, Père du Bleun-Brug, apôtre de Feiz ha Breiz, tué le jour de la fête de St Corentin, le 12 décembre 1943.

 

Musique : "Bro gozh ma zadoù"(Hymne national breton).

Responsable de la page Yann-Vari Perrot : Fulup Landour

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