Le témoignage de Grillon sur une exposition et la peinture d'Yves Floc'h

Yves Floc'h copié par un peintre d'Argentine !

Notes dictées par Yves Floc'h quelques jours avant sa mort

La foi enthousiaste d'un jeune étudiant des Beaux-Arts

Notre-Dame de Coat Keo

Le credo des artistes

 

Le témoignage de "Grillon" sur une exposition

et la peinture d'Yves Floc'h

 

Ce samedi 27 mai, mon mari tout gentil m’a emmenée visiter une petite exposition consacrée à un peintre breton, Yves Floc’h, à Plouguerneau en Finistère Nord, sur l’aber Wrac’h.


C’est grâce à sa petite fille Anne, qui est FAF et que je connais virtuellement sur le forum des FAF, que j’ai pu découvrir cette exposition ainsi que sa région. Je l’en remercie .
Sur le peintre, je n’en dis pas plus car le site créé par Anne à propos de son grand-père explique parfaitement en images et aussi en musique l’oeuvre si attachant d’Yves Floc’h. Voyez à cette adresse : www.yvesfloch.org/


Il avait exactement l’âge de ma grand-mère, tous deux nés en mai 1906, ils auraient donc juste cent ans cette année. Yves Floc’h a peint les paysages de Bretagne avec une grande sensibilité qui me rappelle assez celle d’Emile Simon.
J’aime tout particulièrement sa perspective aérienne, cette manière d’estomper les arrières plans du paysage dans des dégradés de bleus jusqu’aux tons rosés, une technique qu’ont développée très tôt les Flamands, des Primitifs jusqu’aux siècles suivants, et qui laisse l’oeil s’évader dans une brume rêveuse.
J’admire aussi sa maîtrise des tons verts. Pas facile le vert ! Autant il me semble aisé d’accorder entre eux différents bleus, autant le mariage des verts me paraît tricky, very tricky ! Yves Floc’h réussit magnifiquement à assembler des verts sombres et austères de feuillages épais, des verts éclatants de prairies au soleil, des verts tendres de printemps, des verts mélancoliques d’automne ou des verts bleutés de légendes bretonnes, sans jamais les faire grincer, sa peinture est reposante, alors que la mer menace non loin de là.

Nous nous sommes promenés un peu dans la région, d’abord à pied en suivant un chemin côtier, puis en voiture le long des abers Wrac’h et Benoît bien découpés.
Il faisait beau ! Une chance en ce mois de mai plutôt capricieux et digne de novembre …
La mer avait revêtu ses couleurs les plus chatoyantes : un outremer pur à l’horizon, nuancé de langues violet-de-cobalt, vert-émeraude, parfois un jaune de Naples sur un banc de sable, une touche terre-de-sienne brûlée sur des rochers, une frise vert de cadmium clair près du rivage, en somme une palette que la nature m’offrait là pour m’inciter à peindre moi-même.

Ce fut une bien belle journée !
Grillon le 29 mai 2006

Merci encore à elle pour ce témoignage ! Ne manquez pas d'aller visiter son blog, principalement consacré à l'art et la peinture.

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Yves Floc'h copié par un peintre d'Argentine !

En décembre 2003, parti naviguer vers la Terre de Feu sur les traces d'Orélie-Antoine de Tounens, roi de Patagonie, François, fils aîné d'Yves Floc'h, rencontre Andréa et Roberto sur les pontons de Mar del  Plata, en Argentine. Ils se lient d'amitié et leur aide sera précieuse pour "préparer" le voilier Ar Sklerder pour la croisière vers  le Grand Sud.

            Pour les remercier, François offre à Andréa le livret "Yves Floc'h" de 1992. Or, Andréa peint à ses heures, pour son plaisir. Et la voilà qui se lance dans la copie de la gouache qui figure à la page 24 du livret : Cimetière de bateaux à Port-Rhu en Douarnenez.

            Et bien, le résultat est tout à fait réussi.  Vous pouvez en juger en comparant l'original et la copie  !
      Et nous vous encourageons, chère Andréa, à continuer à pratiquer la peinture... et à passer de la copie à  la réalisation "sur le motif" !

 

Andréa dans l'atelier
d'Yves Floc'h, à Dinan,
en novembre 2005
lors d'un retour en Europe

   

 

 

 

Cimetière de bateaux à Port-Rhu en Douarnenez
Gouache    29 x 46 cm   1946

La copie réalisée par Andréa Lemonnier !

Acrylique sur toile 24 x 30

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Notes dictées par Yves Floc'h à son épouse Marguerite, à la demande de leur amie Jorda Caouissin, en août 1990, quelques jours avant sa mort.

Ma jeunesse...

Je suis né le 24 mai 1906, au karpont en Plouguerneau (Finistère), dans une petite maison, à droite en descendant du bourg, à 500 mètres sur la route de Lesneven.

Nous étions 7 personnes dans cette modeste maison : ma grand-mère, Tad Coz, son mari, ma Tante Reine (un peu plus jeune que ma mère), mon père, ma mère, mon frère François et moi-même. Ensuite, j'ai eu deux petite soeurs qui sont mortes à 9 mois ; ma soeur Adrienne est née en 1921.

J'ai fait mes études primaires à l'école des Frères et j'ai obtenu mon Certificat d'Etudes vers l'âge de 13 ou 14 ans. Ensuite, j'ai aidé mon père aux travaux des champs... Mais un jour, j'ai lu sur un journal une réclame : on signalait un cours de dessin industriel par correspondance à l'Ecole Universelle. Je m'y suis inscrit, et pendant plusieurs semaine j'ai envoyé mes devoirs à Paris. Mais un jour, Monsieur l'abbé Le Borgne qui venait confesser mon grand-père Claoda tous les mois, me déconseilla tout à fait de poursuivre ces études. Il dit à ma mère : "La place d'Yves est ici, à la ferme pour vous aider. De plus, aller à Paris, c'est la perte de son âme". Donc, malgré l'avis de mon père qui préférait me voir "sur les études" plutôt que de m'esquinter à la terre, j'arrêtais mes devoirs de l'Ecole universelle de Paris.

Mais voici que Monsieur le Curé de Plouguerneau me demande de travailler pour lui au Presbytère, où Monsieur l'abbé Perrot venait d'être nommé comme vicaire. Aussitôt installé, ce dernier créa le Patronage "Paotred Mikael an Nobletz". J'étais un des premiers à m'insrire. La troupe était mixte, ce qui inquiéta beaucoup l'évêque de l'époque, Monseigneur Duparc. La troupe préparait une pièce, mais il fallait un décor. Monsieur l'abbé Perrot fit venir un peintre décorateur de Morlaix, Monsieur Lintanf. Bien sûr, je l'aidais à la préparation des "camions", à la confection des différents panneaux. Depuis les petites classes à l'école des Frères, j'aimais dessiner les chapelles, les fontaines et les vieilles maisons de la région. Ce travail artistique, c'était quelque chose de nouveau et de fort intéressant. J 'étais ravi de voir un décorateur travailler sous mes yeux.

Puis la troupe de théâtre se prépara à jouer une seconde pièce. Mais il fallait un intérieur de ferme bretonne. Je propose alors à Monsieur Perrot de peindre ce décor... Je me demande maintenant comment j'ai pu me débrouiller pour faire ce travail. Enfin, il paraît que c'était très bien !

Avant d'aller plus loin dans le récit de ma vie, il faut que je vous dise comment la troupe organisait la mise en route d'une séance : Monsieur l'abbé nous réunissait une ou deux fois par semaine, et il commençait par lire la pièce qu'il avait choisie. Il lisait en mettant les intonations qui convenaient, et il nous disait ensuite : "Moi je crois que tel rôle irait bien pour toi, tu as le physique de l'emploi, et tel autre rôle pour un autre etc..." une fois la pièce mise en chantier, l'Abbé copiait les rôles de tous les acteurs, puis nous les apprenions. (Il n'y avait pas de photocopieurs en ce temps là). Pendant plusieurs mois parfois, nous répétions nos pièces. Lorsque tout était au point, on annonçait les dates des séances, et on les affichait en ville et à l'église. C'était une joie pour tous, surtout qu'avec l'argent récolté, on faisait un repas le soir après la séance, dans la salle du Patro, et c'était toujours très gai. Puis nous allions dans les paroisses environnantes pour donner nos spectacles.

Je reprends la suite des événements...

Après avoir fait un décor convenable, Monsieur Perrot m'interroge : "Ne veux-tu pas te faire prêtre ?"Je lui dit que non. "Alors, dit-il, nous irons un jour prochain en carriole au Collège de Lesneven, pour montrer tes carnets de croquis au professeur de dessin, Monsieur Julien". A partir de ce moment-là, j'allais un jour par semaine, en vélo ou en voiture à cheval, à 15 km, faire corriger mes croquis par Monsieur Julien. Je travaillais dans la journée, pour Monsieur le Curé, comme garçon de presbytère : je conduisais la carriole lorsque les abbés avaient un déplacement, je servais à table lorsque ces messieurs recevaient des invités... Le soir, après mon travail, Monsieur Perrot me donnait des leçons de français dans sa chambre. Un autre abbé, l'abbé Madec, me donnait des leçons de mathématiques et de géométrie. Et c'est ainsi que je suis arrivé à l'âge de 20 ans. Monsieur Perrot a donc réglé, sur sa bourse personnelle, les leçons de dessin des premiers mois. Je dois dire aussi que nous avons été une douzaine de garçons de la paroisse à être aidés pécuniairement au début de nos études secondaires.Ce fut ainsi le cas pour un autre garçon de Plouguerneau, qui venait avec moi au collège de Lesneven prendre des leçons de musique, et il eut alors la possibilité de pourvoir le poste d'organiste à l'église de Plouguerneau.

J'avais obtenu mon Certificat de Préparation Militaire, et, grâce à ma place à l'examen, j'ai pu choisir "les chars d'assaut" à Rennes, afin de pouvoir suivre les cours du soir à l'école des Beaux-Arts de Rennes. Après mon service militaire à 21 ans, je me suis inscrit pour suivre tous les cours de l'école des Beaux-Arts. La 3ème année, j'ai préparé l'entrée à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts-Décoratifs de Paris.J'avais obtenu une bourse d'études supérieures. Après les 3 ans à Rennes, une autre bourse pour 3 ans à l'école des Arts-Déco, et à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, je suis arrivé à la situation de professeur de dessin, dans l'enseignement secondaire.C'est bien grâce à l'Abbé Perrot que j'ai pu m'engager dans cette voie. C'est lui qui bénit notre mariage à Saint-Laurent de la Mer, près de Saint-Brieuc, le 23 juillet 1938.

Je termine ces quelques souvenirs sur ma jeunesse en remerciant le ciel d'avoir placé sur ma route ici-bas ce saint prêtre, grâce auquel j'ai eu le bonheur d'accomplir une vie heureuse près de ma femme et de mes enfants.

Yves Floc'h

 


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La foi enthousiaste d'un jeune étudiant des Beaux-Arts…


Transcription du brouillon manuscrit
d'une dissertation d'Yves Floc'h,
alors jeune étudiant aux Beaux-Arts de Rennes,
dans la période 1927-1928.

Au Musée des Beaux-Arts de Rennes,
aux pieds du " Christ en Croix " de Jordaens


Le plus beau pèlerinage qu'un étudiant provincial puisse rêver, un des plus nobles, celui qui le porte vers le Beau, vers l'Art, est une visite au Louvre. A ce chef d'œuvre de la Renaissance française, à ce musée le plus varié et le plus riche qui soit au monde, à ce labyrinthe, où se trouve rassemblé le Trésor des siècles, où l'humanité toute entière est représentée par ce qu'elle a laissé de plus noble et de plus exquis.
Que de chefs d'œuvre à décrire, mais vu la condition où je me trouve, il me serait impossible de décrire, sans erreurs graves, telle ou telle œuvre de ce trésor, qui m'a frappé lors de ma visite à ce musée.
J'ai donc recours au modeste musée de Rennes.
Ce n'est jamais sans une respectueuse émotion que je franchis le seuil de notre musée. Je le connais presque par cœur, et pourtant, c'est à chaque visite un champ d'observations nouvelles.
Les impressions d'art tiennent à tant d'influences secrètes, qu'on subit des modifications sinon dans l'ardeur de ses admirations du moins dans leurs directions. Un jour on est plus touché par tel ou tel maître, par telle ou telle toile. Mais il y a pour moi quelques œuvres souveraines qui planent au dessus de toute fluctuation d'esprit ou de sentiment. Et parmi celles-ci, j'en place une qui m'est particulièrement chère.
J'établirai à leur tête, peut-être, les chefs d'œuvre de Léonard de Vinci, les marbres de l'Art grec, qui, au Louvre, m'ont ému jusqu'aux larmes, mais je ne les ai vus qu'une seule fois.
Oui, dans notre paisible musée provincial, le chef d'œuvre d'élection, celui qui a retenu mon admiration depuis le jour où j'ai pu le contempler une première fois, est : le Christ en Croix de Jordaens.
Cette toile, peinte par un pinceau abondant, robuste, dans une matière chaude, lumineuse, est une page admirable, qui répand --ici, il doit manquer quelques mots-- , dans la petite salle qui abrite la belle peinture savoureuse des Flamands. Elle est pour moi le but de pieux pèlerinages et jamais je ne me lasse de la contempler.
Ici c'est une peinture sérieuse, ce n'est plus un tableau aux formes exubérantes, aux figures agitées ; ce n'est pas un de ces célèbres repas ; nous sommes loin ici des muscles trop rebondissants (sic) ; c'est une toile d'une ordonnance sobre et d'une couleur robuste ; ici la vie ruisselle sans exagération et la beauté éclate souveraine dans la simplicité ; toute cette composition est groupée avec un art et un naturel absolus, les personnages se détachant sur un seul plan.

 

Un grand Christ occupe le centre. (C'est un des rares christs qu'il a peints mais c'est aussi le meilleur). Point de recherche d'expressions dramatiques, il offre un visage assez insignifiant placé dans l'ombre.
Il est puissamment détaché sur le ciel profond ; un tour de force tant est chaude et lumineuse la matière dont cette chair est pétrie. A ses pieds, Madeleine, accroupie, tourne vers le spectateur une grasse figure larmoyante, vêtue d'une robe jaune qui laisse apercevoir un sein nu. Puis, les Saintes Femmes vêtues de bleu et de jaune, un apôtre résigné apporte à l'ensemble la note éclatante de son manteau rouge ; la Vierge se lamante, accablée, et derrière son visage fin apparaît un autre apôtre, vieillard au teint roux peint avec une solidité, une maîtrise prodigieuse qui m'a fait songer aux Evangélistes du Louvre.
Rien n'est dû au hasard, tout est voulu ; mais chaque détail est sacrifié à l'expression de l'ensemble.

On a dit que Rubens peignait avec du sang et Jordaens avec du feu. Que le manteau rouge de droite répond bien à cette parole ! Ce vermillon puissant et chaud, aussi beau dans les ombres qu'en pleine lumière, n'a pas d'équivalent en peinture.
De la palette de cet Anversois, né en 1593, 16 ans après la naissance de Rubens, ruissellent bleus puissants, rouges incorruptibles, jaunes fauves, partout couleur lumineuse, fluide, débordante, placée avec tant d'harmonie que nul ne contribua plus éloquemment que lui à imposer cette croyance simpliste que l'art flamand est surtout naturel, sanguin, charnel. Il est peut-être la physionomie entière de la race flamande. Si Jordaens n'est pas un élève de Rubens, sa peinture robuste et savoureuse en a pourtant reçu quelques effets.
Sans doute la composition n'est pas si pathétique que celle de Rubens, qui est l'un des plus puissants poètes de la peinture ; les visages ne sont pas si fins, les attitudes si recherchées, mais dans ce tableau, les contours et les couleurs à la fois sublimes et familiers, sont si naturellement cadencés, si délicieusement harmonisés, où tout est large, où il n'y a pas de faste, pas d'allégorie gênante, où tout est si simple que l'œil, trompé par le charme, croit y percevoir une sorte de palpitation, je dirais presque de respiration divine. Cette vie supérieure produite par l'équilibre parfait des parties, vibrant dans un juste ensemble, n'est-ce pas le signe infaillible des véritables chefs d'œuvre ?
Jordaens est le type du peintre pur ; j'entends par là qu'il a mieux senti la vie des surfaces coloriées que l'expression des lignes, qu'il n'est vraiment grand dessinateur que la brosse à la main. Le chef d'œuvre de notre musée exhale je ne sais quelle lueur surnaturelle et divine que je suis heureux, à chaque visite, de lui adresser une interrogation et j'y trouve toujours une réponse nouvelle.

Jordaens, Jacob
peintre flamand
Anvers, 1593 - 1678

 


Les Beaux-Arts de Rennes sur lequel se trouve ce tableau.

 


Notre-Dame de Coat Keo

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La chapelle Notre-Dame de Coat Keo(1937) a été édifiée à la demande de l'abbé Perrot par James Bouillé à l’emplacement d’une ancienne chapelle signalée en 1388 à Scrignac (29).

La tombe de l'abbé Perrot, assassiné le 12 décembre 1943 par des communistes et enterré à côté de la Chapelle de Coat Keo.

Le pardon de Coat Keo
Statue de Notre-dame de Coat Keo réalisée à la demande de l'Abbé Perrot, recteur de Scrignac.
Dessinée par Yves Floc'h, sculptée par F. Chauris, en bois d'acajou.
La statue a été bénie par Monseigneur Duparc, le 6 avril 1933.

Le jour du pardon de Coat Keo, le 15 août, elle est toujours portée en procession par 8 hommes.
Originalité de la statue : l'Enfant-Jésus envoie un baiser à ceux qui prient.

Photo de la bannière Notre-Dame de Coat Keo dessinée par Yves Floc'h et exposée dans l'église paroissiale de Scrignac.

Nous essayerons de vous en présenter un tirage de meilleure qualité prochainement.

 

 

Autre site qui parle de Coat Keo 

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Le Credo des artistes

Texte recopié de la main d' Yves Floc'h
lorsqu'il était étudiant aux Beaux-Arts de Rennes
.

Le Credo des Artistes

Je crois en l'Art un et innombrable, créateur de beauté,
Et en l'émotion esthétique son expression unique,
Qui est né de la main de l'homme appliquée à d'utiles travaux,
A grandi sur les terres d'Egypte et d'Assyrie,
Est parvenu sous le ciel de Grèce à sa maturité,
A suivi les armées de Rome,
Se faisant le conseiller de ses maçons,
Est mort en Occident avec l'empire romain,
A été enseveli dans les langes byzantins,
A émigré dans l'âme des architectes et des décorateurs orientaux,
Est descendu chez les barbares du Nord,
Est ressuscité en Occident avec les constructeurs romans,
Est monté au ciel des gothiques, des renaissants et des classiques,
D'où il viendra animer nos modernes essais.

Je crois au génie et à l'inspiration,
À la doctrine des maîtres et à la tradition,
À l'excellence du métier,
Aux exigences des matériaux,
À la dépendance des formes,
Et à la vie, source éternelle de l'Art.

 

 

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Musique de Myrdhin ("The banks of sullane", Harp and bamboo, escalibur 841, Coop Breizh).