Louis-Marie Désiré-Lucas

1869 - 1949

Extrait de "Désiré-Lucas, Petite Encyclopédie Des Peintres De Bretagne :

"Il y a presque cinquante ans, le 29 septembre 1949, disparaissait le peintre Désiré-Lucas. Très apprécié du public, il fut encensé par la critique durant l'entre-deux guerres. Son souvenir est toujours présent dans la mémoire des Douarnenistes. Certains évoquent encore sa silhouette familière, drapée d'une houppelande, gravissant avec lenteur la côte de Ploaré. Installé dès 1907 à Douarnenez où il séjourne aux beaux jours, il passe l'hiver à Paris, quand il ne voyage pas dans le Midi, en Espagne ou en Italie à la recherche de nouveaux motifs.

Difficile de classer ce peintre dans un courant pictural quelconque, lui-même s'étant toujours défendu d'appartenir à un mouvement. Il expose régulièrement aux Salons et dans les galeries, tant à Paris que dans les grandes villes de province et à l'étranger.

Ses tableaux et lithographies sont récompensés par de nombreux prix et médailles. En 1945 il est élu membre de l'Institut. Tout d'abaord peintre intimiste, inlfuencé par les maîtres flamands, il s'attache à restituer l'atmosphère des intérieurs et la vie paysanne. Puis, il transporte son chevalet au dehors. Désiré-Lucas traduitavec sureté son émotion devant les paysages de Bretagne, les foules, les marchés, les scènes de port. Il revient à intervalles réguliers s'étonner, s'intérroger sur les mêmes compositions, rechercher la ligne, l'angle, la lumière. C'est dans la baie de Douarnenez qu'il va trouver l'aboutissement de son oeuvre.

Désiré-Lucas est né le 15 octobre 1869 à la Martinique d'un père Breton commissaire de la Marine et d'une mère créole. La famille rentre à Brest alors qu'il est agé de deux ans. Il passe tous les étés au Faou. Enfant, la peinture l'attire : "A quatre ans, je faisais des fugues au port, où mes parents affolés me retrouvaient en train de dessiner les bateaux.".

Sa première oeuvre est "La jeune Ouessantine", oeinte alors qu'il n'avait pas dix sept ans.

En 1889, grâce à une bourse d'étude qu'il vient d'obtenir de la ville de Brest, il rentre à l'académie Julian où il est l'élève de Bouguereau, Robert-Fleury et Lefèvre, puis à l'Ecole des Beaux-Arts.

Découragé par le refus de son "Ave Maria" au Salon de 1896, il obtient une entrevue avec Gustave Moreau. Elle est déterminante. Gustave Moreau lui conseille : "Quittez Paris, oubliez tout ce que vous y avez appris et revenez à ce que vous faisiez quand vous ne saviez rien".

Suite de la biographie :

Il s'installe alors à Vannes avec son épouse Marguerite.

En 1901, l'Etat lui achète son premier tableau, "le Bénédicité", conservé au Musée d'Orsay, puis "l'homme des champs" en 1903.

Ils quittent Vannes pour Belz puis en 1907 le couple tombe sous le charme du manoir de Kerbervet à Douarnenez. La guerre de 1914 l'éloigne de la Bretagne. Il est mobilisé à Amiens.

A partir de 1919, son propos sur le paysage se précise. Il est très attiré par la peinture de Cézanne. Il fait beaucoup de séries. Il utilise les mêmes sujets mais rendus différents par un parti pris sur la lumière, l'instant, l'intensité colorée. En 1920, il se rend à Belle-Ile où il entreprend un travail sur les bords de côtes. En août 1922, il séjourne à Ouessant avec son élève Marie Réol. Il rapporte une série d'études.

Il arpente toujours aussi les vieux quartiers de Douarnenez si animés où il se passionne pour la richesse d'une authentique communanté humaine. Il se lie avec Paul Abram. Tous deux peignent aux Plomarc'h. Désiré-Lucas y réalise de nombreuses toiles notamment une série de "Hêtraie des Plomarc'h". L'originalité de son style s'affirme et se caractérise par le dynamisme fougueux de la touche, l'emploi d'une richesse de couleurs.

Il sillonne aussi la région du Cap Sizun, Confort où il s'attarde sur le pardon. Plus tard, la presqu'île de Crozon devient son endroit de prédilection. A Camaret, il séjourne avec Marie Réol à partir de 1928. Durant l'entre-deux guerres ce lieu est le rendez-vous de nombreux artistes.

Quelques années après la mort de Marguerite, il épouse Marie Réol. La guerre puis la maladie garderont "le Patron" comme l'appellent ses élèves, à Kerbervet.

C'est avec Abel Villard (Grand-Oncle de Marguerite Floc'h) que son amitié sera la plus durable. "Cheminaux de la côte, Villard et moi travaillons depuis trente ans autour de cette même baie. Pour nous, c'est toujours nouveau."

Le Musée des Beaux-Arts de Quimper possède une toile de Désiré-Lucas : site

Musique de Myrdhin (Cornaline aquarienne, a harp in aquarius, escalibur 846, Coop Breizh).

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